Porteurs de cicatrices
Les morts aux visages rompus se redressent
La langue des humiliés se gonfle
Orageuse
Se lève la marée des victimes.
Mais prenez garde porteurs de cicatrices !
Éteignez dans vos chairs les volcans de la haine
Piétinez l'aiguillon et crachez le venin
qui vous apparenteraient un jour aux bourreaux !
Étouffez ces clairons ces sonneries
qui forcent la ressemblance
qui commandent le talion
Questionnez vos viscères
Percez vos propres masques
Soyez autre !
Cavernes et soleil - Éditions Flammarion

Le monument des déportés au parc René Gallais à Fougères
L'image de main qui illustre cet article est un détail du monument des déportés de la ville de Fougères, représentant un corps décharné, marqué par la souffrance. La pierre brute et les formes dépouillées sculptées par Roger Lévêque renforcent l'impression d'épouvante. On peut y voir la même horreur perceptible sur les corps momifiés de Pompéi. Mais ici, le supplice n’a rien de naturel : il est la conséquence de la barbarie humaine.
Cette barbarie du siècle dernier nous oblige à entretenir la mémoire de la déportation, de la Shoah et des « solutions finales » prônées par des idéologues fous. Une barbarie toujours actuelle, qui s’exprime à Gaza, en méditerranée comme dans de nombreuses régions du monde, de manière constante et profondément déprimante.
Puissions-nous nous en souvenir à chaque campagne électorale, à chaque étape de la défense du vivant et de la liberté.
Article initialement mis en ligne en mai 2012, à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle française, puis actualisé en août 2026, à l’approche d’une nouvelle période électorale déjà marquée par la recrudescence des discours de haine et la désinformation dans le débat public.