Porteurs de cicatrices
Les morts aux visages rompus se redressent
La langue des humiliés se gonfle
Orageuse
Se lève la marée des victimes.
Mais prenez garde porteurs de cicatrices !
Éteignez dans vos chairs les volcans de la haine
Piétinez l'aiguillon et crachez le venin
qui vous apparenteraient un jour aux bourreaux !
Étouffez ces clairons ces sonneries
qui forcent la ressemblance
qui commandent le talion
Questionnez vos viscères
Percez vos propres masques
Soyez autre !
Andrée Chedid
Cavernes et soleil - Éditions Flammarion

Le monument des déportés de Fougères
L'image de main qui illustre cet article est un détail du monument des déportés de la ville de Fougères, représentant un corps décharné, marqué par la souffrance. La pierre brute et les formes dépouillées sculptées par Roger Lévêque renforcent l'impression d'effroi, rappelant les corps momifiés de Pompéi. Mais ici, l'horreur n’a rien de naturel : elle est la conséquence de la barbarie humaine, la déportation de masse, la Shoah et les « solutions finales » prônées par des idéologues fous.
Une barbarie toujours actuelle, qui s’exprime à Gaza, en méditerranée et dans bien d’autres régions du monde.
Article initialement mis en ligne en mai 2012, actualisé en août 2026, à l’approche d’une nouvelle période électorale dans cette France qui, tout en revendiquant le devoir de mémoire, occupe la deuxième place des exportateurs d’armes dans le monde.
#Génocide #NiHaineNiOubli #Guerre #Epuration