Ensemble, coulons…

Ils parlent de taxes, de charges et d'impôts quand nous parlons cotisation, solidarité et partage.
Ils crient au blocage, à l'inconscience et à l'irresponsabilité quand nous contestons leurs dogmes libéraux.
Ils glorifient le mérite et le travail quand nous demandons simplement le maintien de nos droits et d'une justice plus égale pour toutes et tous.
Ils répondent guerre, ennemi, agression quand on alerte sur la précarisation croissante de leurs administrés.
Ils démotivent les plus engagés, ouvrent les portes du pouvoir aux moins démocrates, écœurent les plus optimistes et enragent les plus pacifistes.

Ni gauche, ni droite, mais une extrême-droitisation

Combien de grenades lancées, de tirs tendus et de manifestants blessés depuis 2017 ?

Une conflictualité croissante, un cumul jamais atteint de violences et d'abus commis par les forces de l'ordre

Plus de 5000 placements en garde à vue lors des manifestations lycéennes et étudiantes de fin septembre 2026 (dont 80% de mineurs...)

Une accumulation inédite de violences policières
Wissam El-Yamni, Amine Bentounsi, Rémi Fraisse, Amadou Koumé, Babacar Gueye, Adama Traoré, Théo LuhakaLiu Shaoyao, Angelo Garand, Jérôme Laronze, Aboubacar Fofana, Affaires Benalla, Zineb Redouane, Maria (Marseille), Allan Lambin, Geneviève Legay, Steve Maia Caniço, Cédric Chouviat, Mohamed Gabsi, Michel Zecler, Expulsion des migrants de la place de la République, Olivio Gomes, Souheil El Khalfaoui, Jean-Paul Benjamin, Alhoussein Camara, Nahel Merzouk, Hedi, Mohamed Bendriss, Wanys…

Des atteintes sévères à la liberté d’expression
- Librairie Violette and Co (2026) : Perquisition pour “apologie du terrorisme” ; dénonciation d’une répression politique.
- Les Parleuses (Nice, 2022) : Censure de vitrine féministe ; État condamné pour illégalité.
- Interdictions de manifestations pro‑Palestine
- Censure culturelle
- Répressions militantes et judiciaires

Des "éléments de langages" détestables

  • "Traverser la rue" pour trouver un emploi
  • Le "pognon de dingue" mis dans les minima sociaux
  • Le costard qu'il faudrait se payer en travaillant plus
  • Une nation de "66 millions de procureurs"
  • Des "Gaulois réfractaires au changement"
  • Le "kwassa-kwassa" qui "amène du Comorien"
  • Ceux "qui réussissent" face à ceux "qui ne sont rien"
  • Les "fainéants, cyniques, extrêmes" à qui il ne faudrait céder
  • Les ouvrières décrites comme "illettrées"
  • L'envie "d’emmerder" les non-vaccinés
  • La "chance d'être français" pour celles et ceux qui survivent à un cyclone
  • Le changement de sexe évoqué comme une formalité administrative en Mairie
  • Dénoncer "un spectacle qui nous fait honte" en parlant d'un génocide...
  • "Aucune consigne de retenue" du ministre à ses forces de l'ordre, qui font face à des enfants et adolescents

Du niveau zéro de l’obligeance présidentielle

Depuis 2017, nous assistons au spectacle d'un dirigeant qui nie toute responsabilité du chaos politique et démocratique que sa gouvernance a aggravé, préférant renvoyer la faute sur ses nombreux opposants, politiques, syndicaux, citoyens et associatifs.

Lors de son discours en 2022, après avoir été réélu face au Front National, E. Macron a reconnu que de nombreux électeurs avaient voté pour lui non pas par adhésion à ses idées (20 % des inscrits au premier tour...), mais pour contrer celles de l'extrême droite. Il les a remerciés et a affirmé être conscient de l'obligation que ce vote lui imposait pour les années à venir.

Quatre ans plus tard, l'affligeante minute de silence observée par les députés à l'Assemblée Nationale en mémoire d'un jeune néonazis, l’extrême-droitisation des forces de l'ordre et la réponse répressive systémique aux manifestations soulignent le fossé qui isole aujourd'hui les dirigeants politiques de leurs administrés.

Peut-être ne restera-t-il du macronisme que ce constat d'avoir si efficacement ouvert la voie au pouvoir d'une extrême droite dédiabolisée et associée aux autres droites devenues extrêmes ?

© Jean-Marin Wibaux