septième ciel

au septième sont accessibles
les chambres de bonnes
par l’escalier de service
la rêveuse qui en haut se penche vers le bas
peut y voir le matin une plage et la mer
du sable où dansent des bécasseaux
dans la mouvance de vagues étincelantes
quand l’envie lui vient d’aller s’y baigner
de marche en marche sa descente est amère
l’urbain reprend ses droits
arrivée au rez de chaussée
la cour lui crache ses pavés
et la ville, toujours, finit par la happer
sur son asphalte sale
ses trottoirs solitaires
ses transports en commun
où le commun des mortels
attend le soir pour pouvoir
remonter les étages
jusqu’au septième ciel
ultime refuge intime
dans un coin d’encéphale

© jean-marin wibaux